Depuis l’enfance, je crois au progrès et je ne peux pas ne pas y croire, car la différence entre l’époque où l’on me battait et celle où l’on a cessé de me battre a été terrible […] La raison et la justice me disent que dans l'électricité et la valeur il y a plus d'amour de l’homme que dans la chasteté et l’abstinence[83]. En 1990, à l'occasion du 130e anniversaire de sa naissance, Tchekhov fut immortalisé par une pièce commémorative soviétique d'un rouble[67]. La plupart de ses nouvelles essentielles traitent de la vie de la petite bourgeoisie dans la Russie de la fin du XIXe siècle, du péché, du mal, du déclin de l’esprit, de la société. Certes, l'auteur indique toujours qu'il y a une échappatoire à cette apathie, en l’occurrence le travail convaincu et l'action pratique utile, pourtant les personnages se révèlent en général incapable ou bien sans réelle volonté de faire bouger ce qui s’avère être à l'origine de cette évanescence, l'affaiblissement intellectuel croissant de ces personnes pourtant intelligentes. En mars 1897, à Moscou, Tchekhov souffre d’une grave hémoptysie qui le contraint à rester à l’hôpital plusieurs semaines. Les Trois Sœurs mises en scène par André Barsacq sont jouées au Théâtre Hébertot en 1966 et La Cerisaie mise en scène par Peter Brook au Théâtre des Bouffes-du-Nord en 1981 ont fait date. Il s’agit d'une propriété, qui est à cette époque dans un état d’abandon total, nommée Melikhovo près de Lopasnia dans l’ouiezd (« district ») de Serpoukhov au sud de Moscou. L'écrivain Maxime Gorki (1868-1936) se lia d'amitié avec Tchekhov dès leur première rencontre en 1899 à Yalta. Il visite de nombreuses prisons après avoir reçu de la part de l’administration de l’île les autorisations nécessaires. Schechtel bâtit en 1914 la nouvelle bibliothèque de Taganrog, la ville natale de Tchekhov, dans son style art nouveau préféré. Le fait que l'on trouve dans chaque récit de Tchekhov une représentation réaliste de l'homme, quelle que soit sa couche sociale, fait de l'ensemble de l'œuvre de Tchekhov une source documentaire très crédible de la société russe de la fin du XIXe siècle[100]. Les récits de Franz Kafka furent parfois aussi comparés à ceux de Tchekhov. Durant cette période, les Tchekhov changent plusieurs fois de lieu de résidence et doivent se contenter, particulièrement dans les premiers mois, de logements beaucoup trop petits pour une famille de sept personnes, ce qui procure à Anton d’immenses difficultés dans la préparation de ses examens. Ami d’Ivan Bounine, de Maxime Gorki, de Fédor Chaliapine, d'Alexeï Souvorine, il est l’oncle de Mikhaïl Tchekhov, et le frère du peintre russe Nikolaï Tchekhov. Cela est frappant par exemple pour des récits tels que La Lotte, Le Chasseur (tous deux de 1885), La Sorcière (1886) ou Volodia (1887), dont les actions se déroulent dans un cadre très ressemblant. Tchaïka d'après Anton Tchekhov mise en scène Natacha Belova …. « Je travaille tant et plus. Il écrit en janvier 1899, peu après son installation dans sa nouvelle demeure, à un de ses anciens camarades de classe : « Voilà maintenant une semaine, qu’il pleut sans discontinuer, et je dois crier d’ennui et d’aide. La famille passe l'été dans le logement de fonction spacieux de son frère Ivan à Voskressensk près de Moscou (aujourd’hui Istra), où celui-ci est professeur. D'autres musées Tchekhov se situent à Taganrog (dans l'ancien magasin de son père Pavel Yegorovitch[63], de même que dans le lycée que fréquenta Tchekhov), dans les villes d'Alexandrovsk-Sakhalinsk[64] et de Ioujno-Sakhalinsk sur l'île de Sakhaline qu'il visita en 1890, dans la ville ukrainienne de Soumy dans la datcha où les Tchekhov passèrent les étés de 1888 et 1889[65],[66]. Sa fameuse lettre adressée à son éditeur Souvorine en 1894 témoigne de ce rapport, où il est dit : « La morale tolstoïenne a cessé de me toucher et du fond de mon âme je lui suis hostile […] Dans mes veines coule du sang de moujik, et ce n’est pas avec des vertus de moujik qu’on peut m’étonner. Zola en est une des bonnes âmes, et je […] suis en accord avec son coup de colère. L'action, dont le dénouement reste souvent indécis, a généralement pour cadre la campagne du centre ou du sud de la Russie ou les environs d'une petite ville de province. Il est connu, que sa première pièce de théâtre Sans Père (Platonov) fut écrite pour elle dans l'espoir qu'elle soit mise en scène au théâtre Maly avec Iermolova dans le rôle principal[75]. En 1878, Tchekhov rédige pour la première fois une pièce de théâtre, laquelle doit avoir pour titre Sans Père et est dédiée à Maria Iermolova, une actrice renommée qu’il admire. ». Anton Pavlovitch Tchekhov naît à Taganrog, au bord de la mer d'Azov, au sud de la Russie. Buy Trois soeurs (les): - VERSION FRANCAISE (Le théâtre d'actes sud-papiers) by Tchekhov, Anton, Grumberg, Jean-claude (ISBN: 9782869431485) from Amazon's Book Store. Une lettre du 27 septembre 1900, de Tchekhov à sa femme témoigne de cette relation, où malgré le ton anodin de l’auteur, utilisé afin de ne pas alarmer ses proches, l'auteur laisse entrevoir combien son état de santé est sérieux : « […] je ne sais plus ce que je dois te dire, sinon ce que je t’ai déjà dit dix mille fois et qu’apparemment tu veux encore entendre, que je t’aime – et rien de plus. En septembre 1898, il se rend à Yalta en Crimée et y achète un mois plus tard une parcelle pour y faire construire une nouvelle propriété. Pages dans la catégorie « Pièce de théâtre d'Anton Tchekhov » Cette catégorie contient les 15 pages suivantes. Anton Pavlovitch Tchekhov ou Tchékhov[1] (en russe : Антон Павлович Чехов[2]), né le 17 janvier 1860 (29 janvier 1860 dans le calendrier grégorien) à Taganrog (Russie) et mort le 15 juillet 1904 à Badenweiler (Allemagne), est un écrivain russe, principalement nouvelliste et dramaturge. 04/04/2016, Réécouter Le Théâtre des Idées d'Antoine Vitez, LE La dernière sortie officielle de Tchekhov, alors qu’il est déjà profondément marqué par la maladie, a lieu lors d’un hommage à l’écrivain au théâtre d’art de Moscou à l'occasion de la première de sa dernière pièce, La Cerisaie, en janvier 1904. Garchine est considéré par certains comme étant un précurseur de Tchekhov, en écrivant des romans réalistes poignants, bien que la nature pessimiste de Garchine soit très éloignée de la confiance de Tchekhov dans le progrès. Tchekov jouit déjà d'une reconnaissance certaine de la part de cercles littéraires (notamment car il publie, depuis avril 1885, dans la fameuse Peterbourskaïa Gazeta (le Journal de Pétersbourg)); pourtant, il accepte une invitation de la rédaction d'Oskolki en décembre 1885 - ce qui lui vaut une première visite de la capitale Saint-Pétersbourg, ce qui fait évoluer sa situation. Il soigne les malades et visite la région. Ecrites pour la plupart en 1888 et 1889, ces courtes pièces sont des modèles de finesse, de légèreté et de densité. Il a signé un texte salué par la critique sur la figure de L’homme de dos, théâtre et peinture (Adam Biro) et, plus récemment, Amour et désamour du théâtre ainsi que La porte, au cœur de l’intime (Arléa) et Le théâtre ou le défi de l’inaccompli (Les Solitaires Intempestifs). Tchekhov s’y rend à la fin de l’été 1899[réf. Quelques mois plus tard, il est rejoint par la mère et les deux plus jeunes enfants, tandis qu’Anton et Ivan poursuivent leurs études au lycée de Taganrog. nécessaire]. James Atherton signale plusieurs références à Tchekhov dans Finnegans Wake. Dans les dernières années de Tchekhov, à plusieurs reprises, Gorki incitera Tchekhov à dénoncer ou au moins à renégocier le contrat qui le liait avec l'éditeur Marx depuis 1899, par lequel il cédait ses droits sur son œuvre contre 75 000 roubles, ce qui paraissait désavantageux du point de vue de l'auteur. Pour les nombreux visiteurs de la datcha, il semble très fatigué[52], du fait de toujours plus fréquentes hémoptysies, accès de fièvre et difficultés respiratoires. Dans la maison de Yalta sont conçus les récits : De l'amour (1898), Dans la combe, La Dame au petit chien (tous deux de 1899) et L'Évêque (1902). Il envisage cependant d’écrire une thèse sur l’histoire de la hiérarchie sexuelle dans la nature[22]. Héritier du XIXe siècle et à l'orée du XXe siècle, ce théâtre se situe au carrefour de l'Ancien et du Nouveau : Tchekhov frappe à la porte et Beckett entre. Et encore, ce coup de feu pourrait bien n’être « qu’un flacon d’éther qui a explosé dans la pièce d’à côté »[101]. La France est un beau pays, et elle a de magnifiques écrivains[92]. Une partie de ses nouveaux récits paraissent dans la revue mensuelle modérément libérale Rousskaïa Mysl (La Pensée russe). Tchekhov est transporté par chemin de fer à Moscou et inhumé aux côtés de son père le 22 juillet 1904 en présence d’une forte affluence au cimetière de Novodiévitchi (2e division)[réf. Toutes ces pièces présentent des déroulements de l’action très variés, cependant elles comportent beaucoup de points communs dans leur construction : l'action se passe toujours dans la province russe au tournant du siècle, les personnages sont de la petite noblesse, ils finissent par échouer d'une façon ou d'une autre du fait de leur passivité et de leur sens déformé de la réalité, cependant une note d'optimisme et la foi dans un avenir meilleur s’immiscent toujours dans l’action (comme dans la réplique remplie de nostalgie « À Moscou ! […] J’ai la malchance, d’être médecin, et il n’y a personne qui ne se sente obligé de s’entretenir de médecine avec moi. Pour lutter contre la morosité de la vie de province, Tchekhov lit régulièrement les journaux de Moscou et de Saint-Pétersbourg et suit avec un intérêt évident les manifestations étudiantes et les troubles politiques de la capitale, qui se répandent comme les prémices de la révolution à venir dans le pays entier[réf. Il rend visite à des parents à Taganrog, à Novotcherkassk et dans d'autres lieux du sud de la Russie, et voyage à travers les somptueux paysages de la steppe, sur le Don et la mer d'Azov. Tchekhov, qui n'a jamais écrit de long roman (bien qu'il en ait eu l'intention à la fin des années 1880[105]), a exercé de par sa manière d'écrire concise, discrète et sans jugement de valeur, une immense influence sur la forme des romans modernes et du théâtre. Il envoie plusieurs dotations importantes de livres à la bibliothèque de sa vie natale Taganrog ainsi qu'aux écoles de Sakhaline, offertes pour partie par les éditeurs, pour partie de sa propre bourse. De nombreux débats sur l'influence de Tchekhov sur Mansfield proviennent de son récit L'Enfant qui était fatigué, une adaptation du récit de Tchekhov L'Envie de dormir. Plusieurs lieux ont également pris le nom de l'auteur : notamment l'ancien village de Lopasnja près de Moscou, près duquel était située la principale propriété des Tchekhov ainsi que le village Tchekhov sur l'île de Sakhaline. Il faut cependant attendre la fin de la décennie 1950 pour que Tchekhov soit régulièrement joué en France, en particulier dans les traductions et les mises en scène d'André Barsacq au Théâtre de l'Atelier. De son côté, Tchekhov apprécie certaines œuvres de Gorki (il écrit ainsi à propos des Bas-fonds : « [Cette pièce] est novatrice et incontestablement bonne »[87]), bien qu'il y ait de grosses différences de style entre les deux auteurs, différences que l'on ne peut pas ne pas remarquer dans les propos de Tchekhov. Une autre particularité du travail de dramaturge de Tchekhov est qu’il désignait la majorité de ses pièces comme des « comédies », bien que l'action – si on fait exception de ses premières pièces en un acte cousues de fil blanc telles que L'Ours ou Une demande en mariage – n’en soit pas comique ou amusante au sens où on l'entend généralement. Anton Pavlovitch Tchekhov naît à Taganrog, au bord de la mer d'Azov, au sud de la Russie. Au long de sa carrière d'écrivain qui dura tout juste vingt-cinq ans, Tchekhov publia plusieurs centaines de récits, nouvelles et chroniques ainsi qu'une bonne douzaine de pièces de théâtre. Tous les jours je dois dépenser plus d’un rouble en calèche. Pièces de théâtre; 1 acte; Tableau; Sketches; Scènes adultes - Statuettes - Mise en scène, scénographie - Divers. nécessaire]. Tchekhov y écrit quelques lettres à destination de Moscou, dans lesquelles il décrit la vie ordonnée, aisée, cependant souvent ennuyeuse et « sans talent » des Allemands[54]. Dans cette même lettre à Souvorine, il écrit ce passage étonnant : « De plus, j'estime que ce voyage, qui représentera un effort physique et intellectuel de six bons mois, m'est nécessaire : je suis ukrainien et j'ai déjà commencé à m'abandonner à la paresse. À l’été 1884 paraît son premier livre publié : Les Contes de Melpomène (russe : Сказки Мельпомены), un recueil de six récits. Lors de son premier séjour en France au printemps 1891, Tchekhov écrira ainsi, de son ton ironique habituel : « Les peintres russes sont beaucoup plus sérieux que les Français. Elle est publiée pour la première fois en 1923 et est connue ensuite à l’étranger sous le titre de Platonov[15]. Ce projet n'aboutit pas, du fait de la mort prématurée de Tchaïkovski en 1893 qui laissa son opéra inachevé. À partir de mai 1888, il s'installe dans une datcha louée à Louka près de Soumy (gouvernement de Kharkov) à la famille Lintvariov (dont il s'inspire pour Le Sauvage et Oncle Vania), pendant toute l'année 1889, puis il installe sa famille dans la maison principale du domaine[27]. ». 31/01/2018, Réécouter Anton Tchekhov (2) : Un théâtre à hauteur d'homme, LE Tchekhov fut récompensé par trois fois de son vivant. La première pièce à être entrée dans le répertoire de la Comédie-Française est L'Ours en 1957, dont la première avait eu lieu le 28 novembre 1944. Avec cet argent il se fait construire une petite maison (la « Datcha blanche ») sur le terrain acquis à Aoutka près de Yalta. Fin de Siegfried, de Jean Giraudoux (mort en 1944, à ne télécharger que dans les pays où la loi l’autorise) Télécharger : epub pdf _____ Magda est là et n’est pas là, de Jean Sibil Télécharger : epub pdf _____ Les mamelles de Tirésias, de Guillaume Apollinaire Télécharger : epub pdf Un lieu de cure près d'Oufa, dans les environs duquel, Tchekhov et sa femme avait acquis un terrain en 1901, porte le nom de Tchekhovo. Tchekhov écrivit ainsi, alors que Tolstoï était gravement malade en janvier 1900 : « Je crains la mort de Tolstoï […] Tant que dans la littérature il y a un Tolstoï, cela est facile et agréable d'être un littérateur ; même la conscience de n’avoir rien fait ou de ne rien faire n’est pas si terrible, car Tolstoï fait pour tous. Georges Banu, universitaire et essayiste, a consacré ses ouvrages aux grandes aventures de la mise en scène, accordant une attention particulière aux spectacles tchékhoviens signés par Giorgio Strehler, Peter Brook, Andrei Serban, Eric Lacascade, Peter Stein, Gabor Tompa... Il est l’auteur d’essais sur les grandes pièces de Tchekhov, du livre Notre théâtre, « La Cerisaie » (Actes Sud) traduit en plusieurs langues, ou encore d’un film réalisé avec Jacques Renard : Tchekhov, le témoin impartial (INA/ARTE). Sa mère, née Evguenia Iakolevna Morozova (1835-1919), est fille de commerçants, négociants en draps de la région de Morchansk, issus également d’une ancienne famille de serfs. Malgré cela, il n'y consacre que peu de pages à la description du bagne : Les Garces (1891), En déportation (1892), Un meurtre (1895). Le ton à moitié plaisant, empreint d'autodérision, qu’utilise Tchekhov dans ces propos est caractéristique d’une grande partie des lettres de ses années d’études ainsi que des années suivantes. En octobre 1888, il reçoit le prix Pouchkine du département de littérature russe de l'Académie des Sciences doté de 500 roubles pour son recueil Dans le crépuscule, qu'il avait dédié au romancier en vogue Dmitri Grigorovitch. En Russie, à l'occasion du jubilé des cent cinquante ans de Tchekhov, Frank Castorf met en scène la pièce À Moscou ! Elle a été adaptée par Marguerite Duras, et traduite notamment par Antoine Vitez, Françoise Morvan et André Markowicz. Il y a juste des personnages confrontés à la sclérose des habitudes et à l’usure du temps, auxquels rien ne résiste ; qui essaient de vivre avec ce que la nature leur a accordé comme talents ou comme défauts. nécessaire]. Jusqu’à sa nomination comme médecin en septembre 1884, il parvient à publier au total plus de deux cents récits, chroniques littéraires et parodies dans diverses revues.